Murcie, juillet 2026. AgritechMurcia continue de renforcer la position de la Région de Murcie en tant que référence en matière d’innovation agricole, d’efficacité dans l’utilisation de l’eau et de transfert de technologies appliquées aux grands défis du secteur agricole. Dans ce contexte, le projet européen LIFE Biowet, cofinancé par l’Union européenne dans le cadre du programme LIFE, constitue un nouvel exemple de la capacité de l’écosystème agrotechnologique murcien à développer des solutions concrètes face aux défis liés à l’utilisation efficace de l’eau, à la réduction de la pollution par les nutriments et à la durabilité de l’agriculture intensive.

L’initiative, coordonnée par l’Université de Murcie (UMU) avec la participation de chercheurs de l’Université Polytechnique de Carthagène (UPCT), associe également Novagric, entreprise appartenant au groupe AgritechMur et membre de l’écosystème AgritechMurcia, spécialisée dans les technologies agricoles, les serres, l’irrigation et les solutions destinées à l’agriculture intensive. Le projet vise à traiter et à réutiliser en toute sécurité les eaux de drainage des serres hydroponiques, susceptibles de contenir de fortes concentrations de nitrates et de phosphates pouvant affecter les eaux souterraines ainsi que les écosystèmes aquatiques associés.
Les trois organisations – l’UMU, l’UPCT et Novagric – sont membres de l’écosystème AgritechMurcia, faisant de ce projet un exemple concret de collaboration entre les institutions publiques, la communauté scientifique et les entreprises privées de la région. Les solutions développées sont le fruit de cette coopération public-privé, transformant les connaissances et l’expérience accumulées en solutions innovantes, durables et concrètes face aux défis réels de l’agriculture.
LIFE Biowet s’appuie sur plus de dix années de recherches menées par l’Université de Murcie et l’Université Polytechnique de Carthagène sur des solutions fondées sur la nature visant à réduire la pollution par les nutriments dans le bassin versant de la Mar Menor. Les deux universités transfèrent aujourd’hui ce modèle de traitement en deux étapes – un bioréacteur suivi d’une zone humide artificielle – à un nouveau contexte présentant un risque de pollution comparable : les eaux usées générées par les serres hydroponiques.
Dans ce type de culture, les plantes sont cultivées sur un substrat inerte et reçoivent une solution nutritive qui apporte de manière contrôlée l’eau et les éléments nutritifs essentiels. Ce modèle de production permet d’accroître la productivité, d’améliorer la gestion des cultures et de réduire la consommation d’eau. Toutefois, un traitement adéquat des eaux de drainage est indispensable pour limiter les pertes de nutriments et évoluer vers des systèmes de production plus circulaires et plus durables.
La solution proposée par LIFE Biowet consiste d’abord à faire passer les eaux de drainage dans des bioréacteurs remplis de copeaux de bois, où l’activité de micro-organismes dénitrifiants contribue à réduire les concentrations de nitrates. L’eau est ensuite dirigée vers des zones humides artificielles à écoulement souterrain, où la combinaison des plantes, du substrat et des communautés microbiennes achève le processus d’épuration en retenant d’autres contaminants potentiels, notamment le phosphore, l’excès de matière organique généré par les bioréacteurs et les organismes pathogènes.
Ce procédé permettra d’améliorer la qualité finale de l’eau et de faciliter sa réutilisation en toute sécurité au sein même des systèmes de production, réduisant ainsi les besoins en eau douce tout en limitant l’impact environnemental des activités agricoles.
Au cours du projet, deux systèmes pilotes à échelle réelle seront construits, exploités et évalués dans des serres situées dans la Région de Murcie. Ces installations pilotes seront implantées au Centre de démonstration agricole et de transfert de technologie (CDTA) d’El Mirador (San Javier) ainsi que sur les installations du Grupo Hortofrutícola Paloma à Mazarrón.

Les deux systèmes pilotes devraient permettre de recycler jusqu’à 93 % des eaux de drainage, de réduire de 23 % la consommation globale d’eau douce des deux sites et d’éliminer plus de 13,5 tonnes de nitrates par an.
Dans ce cadre, Novagric sera responsable de la conception et de la construction des bioréacteurs et des zones humides artificielles, en apportant son expertise dans les solutions technologiques destinées à l’agriculture intensive et aux infrastructures de production agricole. Sa participation renforce le rôle des entreprises du groupe AgritechMurcia en tant qu’acteurs clés du développement de solutions appliquées, capables de faire le lien entre les connaissances scientifiques et les besoins réels des producteurs agricoles.
Le projet associe également le Centre de démonstration agricole et de transfert de technologie (CDTA) et le Grupo Hortofrutícola Paloma en tant que partenaires, ainsi que l’Association espagnole pour le transfert technique, technologique et organisationnel en agriculture et élevage (Asetaga), qui contribuera à diffuser les résultats du projet auprès de l’ensemble du secteur agricole.


